Quelques autres cousins célébres

– Le Pape Calixte II (étant un descendant de sa soeur Gisèle)

– Guillaume le Conquérant (son grand-père est mon ancêtre)

De nombreux évêques catholiques :

– d’ANJOU Gui, évêque de Soissons de 937 à 973

– d’ANJOU Gui II, évêque du Puy-en-Velais de 975 à 996

– Mgr Thierry JORDAN, actuel archevêque de Reims

– de BEAUMETZ Thomas, archevêque de Reims de 1249 à 1262

– de VERDUN Adalbéron II, évêque de Verdun de 984 à 988

– de HAINAUT Roger, évêque de Châlons-en-Champagne de 1066 à 1093

– GRAVEZ Théodore, évêque de Namur de 1867 à 1883

– de DREUX Philippe, évêque de Beauvais

– de DREUX Henri, évêque d’Orléans

– de CONDE Nicolas, évêque de Cambrai

– de BOURGOGNE Octavien, évêque de Savonne (en Italie)

– de BOURGOGNE Hugues III, archevêque de Besançon de 1085 à 1101

– de BOURGES Vulfard, archevêque de Bourges de 866 à 876

– d’AUTUN Léger (Saint), évêque d’Autun

Pierre CULLIFORD dit Peyo

Pierre CULLIFORD est mon cousin par le couple : Jean Joseph ANSEAU, né vers 1673 à ?? et décédé à Croix-lez-Rouveroy le 24 juin 1721 (frère de Nicolas ANSEAU, curé de l’église collégiale et paroissiale de St Germain, doyen de chrétienté de Mons et de son district, chanoine du vénérable chapitre de St-Pierre à Leuze) et de CAMPION Isabelle Louise, née à Croix-lez-Rouveroy le 4 janvier 1682 et décédée à Croix-lez-Rouveroy le 8 juillet 1765.

Parenté

Pierre André Gabriel dit Peyo CULLIFORD est un cousin au 8e degré d’un arrière-grand-parent d’Alexandre JAUPART.

En effet,

  • Jean Joseph ANSEAU (1 lien de parenté).

  • Isabelle Louise CAMPION (1 lien de parenté).

sont en même temps

  • des ancêtres à la 11e génération d’Alexandre JAUPART

  • des ancêtres à la 8e génération de Pierre André Gabriel Dit Peyo CULLIFORD

 

Pierre Culliford, d’origine britannique par son père, est né à Bruxelles le 25 juin 1928.

Son petit neveu, incapable de prononcer « Pierrot » l’appela Peyo. Et comme il fallait un nom de plume…

Il effectue des études primaires et secondaires mouvementées au collège St Louis de Bruxelles qu’il abandonne à l’âge de 16 ans, à cause de la Seconde Guerre mondiale.

Jusqu’à la libération, il est assistant projectionniste dans une salle de cinéma puis il passe quelques mois à l’Académie des Beaux-Arts de la capitale. Mais cet enseignement ne lui convient pas car il est attiré par le dessin humoristique et la caricature. Il affirme d’ailleurs avoir appris son métier « dans les albums de Hergé et les comics américains ».

Il travaille ensuite, en 1945, comme « gouacheur » à la CBA (modeste studio de dessins animés) où il rencontre ceux qui devaient devenir des « as » de la BD et de merveilleux amis : Franquin, Gaston, Morris (Lucky Luke) et Paape (Marc Dacier).

Malheureusement, ce studio fait faillite et Peyo s’oriente vers la publicité.

Après un an de dessin publicitaire, Peyo débute timidement dans la bande dessinée : un essai dans « La Dernière Heure », puis dans « Le Soir ».

Bientôt, en 1947, la fusion d’une passion débordante pour le Moyen-Age mythique de sa plus tendre enfance et d’un humour poétique teinté de fantaisie tend à la réalisation de Johan (qui, à ses débuts avait des cheveux blonds), jeune page fidèle à son roi, qui sera le reflet de nos valeurs morales traditionnelles. Parallèlement, il anime Pied-Tendre le petit indien dans Mowgli, la revue des louveteaux belges, et produit quelques dessins humoristiques dans divers quotidiens.

Le style s’affine, la verve s’aiguise et, après quelques escarmouches dans différents médias dont « Moustique », le damoiseau Peyo entre chez Spirou en 1952, grâce à André Franquin.

En 1954, « Le Lutin du Bois aux Roches » nous révèle l’existence de Pirlouit, garnement facétieux, râleur, paresseux et gourmand qui devient le compagnon d’épopée de l’écuyer Johan. Leurs aventures, illustrations pittoresques de la vie quotidienne au Moyen-Age, s’orientent rapidement vers l’univers fantastique et magique des légendes nordiques hantées par les grimoires, les sources des Dieux, les forêts mystérieuses et les lutins malicieux.

Et, en 1958, Johan et Pirlouit rencontrent au « Pays Maudit » de fabuleux petits êtres bleus, hauts de cinq pouces : les Schtroumpfs. (NB : Peyo les peignit en bleu parce que son épouse trouvait cette couleur plus harmonieuse dans un décor de verdure. Madame Peyo devint ensuite la coloriste de l’équipe).

Les sympathiques petits lutins bleus, aux bonnets, chaussons et culottes blanches (d’où dépasse une adorable petite queue bleue) enchantent instantanément des milliers de lecteurs et l’album « La flûte à six Schtroumpfs », création originale et pleine d’inventions, entre dans la légende.

Au cœur de ce Moyen-Age mythique commence la fable des Schtroumpfs et Peyo, magicien de l’imaginaire, est armé Chevalier de la Table à Dessin.

A l’initiative de Yvan Delporte, alors rédacteur en chef de Spirou, les Schtroumpfs acquièrent leur autonomie ; les six premiers épisodes paraissent sous la forme de mini-récits.

En 1960, à la suite du succès remporté par l’album de Johan et Pirlouit rebaptisé la Flûte à six trous (aux éditions Dupuis), Peyo redessine les premières aventures des Schtroumpfs et les adapte en grand format.

Peyo invente le langage Schtroumpfs, aujourd’hui parlé et compris dans le monde entier, lors d’une virée dans le sud avec son ami Franquin. Lui désignant la salière, il dit en éternuant : « Passe-moi le… schtroumpf ! ? ».

Après avoir bien ri, les deux ludiques compères schtroumpfent le schtroumpf à qui mieux mieux, remplaçant dans la phrase tous les mots clefs par schtroumpf ou schtroumpfer et, chose surprenante, ce langage s’avère parfaitement compréhensible et d’une très grande souplesse sémantique.

C’est l’aurore d’une formidable aventure….

Si Peyo est un auteur de bande dessinée émérite, ce qu’il aime surtout, c’est de « raconter » une histoire… Il aurait été écrivain ou journaliste s’il n’avait pas été dessinateur. Ses sujets, il les puise souvent dans ce qu’il aime depuis sa tendre enfance : le Moyen Age. Un « certain » Moyen Age : celui des contes et des légendes avec leur côté fantastique et imaginaire, celui que sa nurse écossaise lui instilla avec Walter Scott. Il y ajoute sa propre poésie, sa fantaisie, son humour. Il raconte et dessine tout cela avec une fraîcheur et une naïveté, une tendresse qui fait penser à un « Douanier Rousseau de la bande dessinée »….

Mais il a aussi le don de la narration, du dialogue, de la mise en scène, qui se traduisent dans ses « planches » avec une grande connaissance du métier. Il est secondé quelque fois par des jeunes qu’il forme et par sa femme, qui le conseille pour la couleur.

Ces talents-là devaient l’amener tout naturellement au dessin animé.

Puisque Peyo possédait « l’art de raconter » et de mettre en scène sur « papier », pourquoi ne pas voir s’animer tout ce petit monde ?

C’était son rêve… qui se réalisa lorsque les Editions Dupuis acceptèrent le financement d’un grand dessin animé ! Et comme l’histoire de la Flûte à six Schtroumpfs, où apparaissaient pour la première fois les Schtroumpfs, lui tenait à cœur, Peyo décida de l’adapter pour le grand écran. Un fameuse entreprise à laquelle il s’attela avec passion. Un nouveau métier, qu’il apprit à aimer avec l’aide d’Yvan Delporte et de Michel Legrand.

Farfelu impénitent et ancien rédacteur en chef de Spirou, Delporte s’est montré coscénariste et codialogiste talentueux et super-documenté, comme à l’accoutumée.

Quant à Michel Legrand, Palme d’Or pour « Les Parapluies de Cherbourg » et « Le Messager », il traita le rythme musical complexe avec élégance et fraîcheur.

Poussy, le petit chat, entama sa carrière dans « Le Soir-Jeunesse » jusqu’en 1960 puis dans Spirou en 1965.

Toujours en 1960, Peyo crée Benoît Brisefer dans Spirou (sur les décors de Will) qui représente la période moderne de Peyo, lorsqu’il eut envie de dessiner autre chose que des diligences : un téléphone par exemple.

Ce héros de bonne volonté et poète des trottoirs, redresseur de torts et ami de Madame Adolphine, est un petit garçon à la force herculéenne, celle dont rêvent beaucoup d’enfants.

Par ailleurs, notons que le moutard permit à Peyo de se défouler en se moquant gentiment de la BD américaine toujours entichée de Superman : lorsque Benoît éternuait, il redevenait petit garçon ordinaire pendant la durée de son rhume !

En 1961 et 1962, toujours en compagnie de Will, il scénarise « Des fleurs pour mon lüger » et « La ceinture noire », les deux premiers épisodes de Jacky et Célestine proposés dans le Soir Illustré. Par la suite, cette série sera reprise graphiquement par Jo-El Azara, par François Walthéry, par Francis et par Roger Leloup ; Peyo ne collaborant plus que de loin au scénario, principalement assuré par Vicq, puis par Gos et par Mittéï.

Le succès grandissant des Schtroumpfs contraint en effet Peyo à créer son studio et à s’entourer d’une solide équipe. Outre les artistes suscités, notons la présence dans ce groupe de Lucien De Gieter, de Marc Wasterlain, de Derib, d’Albert Blesteau et de Benn,..

1983 et 1984 concrétisent l’internationalisation de ces petits personnages (des millions de produits dérivés ainsi que de multiples dessins animés mettant en scène les incroyables Schtroumpfs envahissent la planète).

Devant ce succès, Peyo et sa famille s’organisent. Sa fille Véronique se charge de la gestion du « merchandising » et son fils Thierry Culliford supervise la production du studio Peyo (chargé entre autres choses de réaliser les différents dessins publicitaires).

En 1989, Peyo fonde sa propre société d’édition : Cartoon Création. Cette année-là, cette maison lance le magazine Schtroumpfs, publiant bien entendu de nouvelles aventures des Schtroumpfs, mais aussi Pierrot et la lampe, inspiré par un « péché de jeunesse » de l’auteur, apparu à l’origine dans le journal Bonux Boy (un recueil en 1991).

Signalons par ailleurs l’ouverture d’un parc d’attractions consacré aux lutins bleus et rebaptisé en juin 1991 Walibi-Schtroumpfs (à Hagondange, près de Metz).

En 1992, Cartoon Création cède la version albums de ses séries (les Schtroumpfs, mais aussi Benoît Brisefer et Johan et Pirlouit,..) aux éditions du Lombard. La revue Schtroumpfs se continue quant à elle aux éditions Tournon. Cette année-là, François Walthéry adapte un scénario de Peyo pour sa série Natacha (album La ceinture de Cherche-Midi aux éditions Marsu-Productions).

Peyo meurt la même année, victime d’un arrêt cardiaque (24 décembre 1992).

Monseigneur Théodore GRAVEZ, 29e évêque de Namur de 1867 à 1883

Monseigneur Théodore Joseph GRAVEZ, est né à Sivry (Hainaut / Belgique) le10 septembre 1810. Il est le fils légitime de Jean Joseph GRAVEZ, clapteur et de Emérante Josèphe MEURANT, couturière.

Liens de parenté :

1° : l’arrière grand-mère de Mgr Gravez, Marie Magdeleine TENRET est la fille de Thomas TENRET (sosa 1440, génération 11) et de Marguerite PHILIPPE (sosa 1441, génération 11).

2° : l’arrière grand-père de Mgr Gravez, Jean-Baptiste GAUTHIER est le fils d’Arnould François GAUTHIER (sosa 1442, génération 11) et de Marie Philippe ROULY (sosa 1443, génération 11).

Formation et début de carrière

Après des études secondaires aux collèges de Binche et de Soignies, il suit, à partir de 1825, le cours de philosophie auprès des bénédictins anglais en exil à Douai (France).

À 21 ans il est séminariste au grand séminaire de Malines. La formation théologique préparatoire au sacerdoce est complétée par une licence en théologie à l’université catholique de Louvain. En 1839 Gravez est envoyé enseigner la philosophie au petit séminaire de Bonne-Espérance, puis, à partir de 1842, la théologie dogmatique au grand séminaire de Tournai. Chanoine honoraire en 1844 il est nommé doyen de Mons en 1851.

En 1867 il accompagne à Rome Mgr Dechamps, nouvellement nommé archevêque de Malines. Gravez en revient avec le titre de ‘protonotaire apostolique’, et en fait, quelques semaines plus tard, le 8 décembre 1867, sa nomination comme 22e évêque de Namur est rendue publique.

Évêque de Namur

Lors de sa consécration épiscopale (2 février 1868), Gravez se présente, dans son homélie, comme un ‘défenseur de la foi’. Il allait en effet s’affirmer comme le champion des droits de Dieu et de l’Église en Belgique. Il commence son ministère épiscopal par une visite systématique de toutes les paroisses de son vaste diocèse, souhaitant mieux connaître son clergé et ses fidèles.

Ces visites sont interrompues lorsqu’il doit se rendre à Rome en novembre 1869 pour y participer au concile Vatican I, dont la première session s’ouvre le 8 décembre 1869. Bon théologien, il est un fervent partisan de la doctrine de l’infaillibilité pontificale. L’adoption de ce dogme controversé est même l’occasion d’une célébration solennelle à Namur le 15 août 1870, durant laquelle Gravez demande que l’on prie pour le pape Pie IX, fort isolé au Vatican. Il encourage l’enrôlement des jeunes de son diocèse parmi les zouaves pontificaux.

Après la chute des états pontificaux (1870) il organise des pèlerinages aux différents sanctuaires mariaux du diocèse afin d’y prier ‘pour la délivrance du pape Pie IX, pontife et roi’.

Lutte pour l’enseignement catholique

En Belgique, ses mandements épiscopaux soulignent sans cesse les dangers que court la foi chrétienne: la mauvaise presse, les idées libérales, l’ignorance religieuse, la négligence du devoir dominical, etc. Il est particulièrement engagé dans la lutte contre le projet d’enseignement officiel présenté au parlement belge en 1879. Le mandement de Carême de la conférence épiscopale de Belgique, publié lorsque le vote à la Chambre des députés s’avère imminent, est inspiré par Gravez : « … attentat à la foi, à la piété et aux droits religieux des fidèles belges. Les fidèles ne peuvent en aucune manière soutenir pareilles écoles ni les laisser fréquenter par leurs enfants ». La loi passe à une infime majorité.

Immédiatement Gravez organise la résistance. Son ‘Œuvre des écoles catholiques’ coordonne les efforts pour soutenir et entretenir les écoles catholiques. On annonce l’ouverture de 421 écoles catholiques en 329 communes du pays. En effet, grâce à la générosité des catholiques répondant à l’appel lancé, à l’engagement des communautés religieuses et des paroisses, quelque 589 nouvelles écoles sont ouvertes en date du 4 novembre 1879, avec 836 instituteurs et institutrices.

Secondé par Charles Pirard (1826-1896) Gravez est l’âme de la résistance. Ses mandements épiscopaux des années suivantes rappellent encore l’obligation de soutenir l’école catholique. Dans son diocèse c’est un succès: près de 80 % des élèves suivent l’enseignement catholique. Le ton de ses mandements est tel que Léon XIII doit lui conseiller une ‘plus grande clémence’. Pas d’ukase cependant: les enfants qui fréquentent l’enseignement officiel sont toujours admis au catéchisme paroissial. Bien au contraire, Gravez invite ses curés à ce que davantage d’attention soit donné à leur formation et instruction religieuse.

En 1883, sa santé déclinant rapidement, il demande à Léon XIII l’assistance d’un évêque coadjuteur. Pierre-Lambert Goossens est nommé et consacré évêque le 24 juin 1883. La lettre par laquelle Gravez annonce cette nomination sera sa dernière. Il meurt à Namur le 16 juillet 1883.

Marcel QUINET

Marcel QUINET est mon cousin par la branche des Lebrun – Maurage de Croix-lez-Rouveroy.

Né à Binche le 6 juillet 1915, Marcel QUINET débute ses études à l’Académie de Musique de sa ville natale et poursuit sa formation au Conservatoire Royal de Mons.

En 1934, il entre au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles. Il y décroche de nombreux succès: Premier Prix de fugue (Prix Gevaert, 1938), Diplôme Supérieur de piano (Prix Ella Olin, 1942), Prix de composition (Prix Agniez, 1946), etc.

Marcel Quinet bénéficie des plus grands maîtres: Fernand Quinet (harmonie), Léon Jongen (fugue), Marcel Maas (piano). Il apprendra la composition avec Léon Jongen puis surtout avec Jean Absil.

En 1945, il remporte le Premier Grand Prix de Rome pour sa cantate “La Vague et le Sillon”. Sa vie de créateur démarre. Il obtient un Deuxième Prix au Concours Reine Elisabeth de Belgique pour la composition, avec sa “Variation pour Orchestre” (1957). En 1959, le CeBeDeM lui décerne le Prix de composition Emile Doehaert pour son “Divertimento”. Il décroche de Prix de l’Union de la Presse Musicale Belge (1964), le Prix Irma de la Hault (1966), la bourse Koopal (1970), le Prix SABAM (1972) et le Prix de la Fondation Darche (1978).

Il enseigne à l’Académie de Binche (1939-1943) puis est professeur de piano à l’Académie d’Etterbeek (1941-1969); chargé de cours de piano au Conservatoire Royal de Bruxelles dès 1943; il y devient professeur d’harmonie écrite (1948-1959) puis professeur de fugue (1959-1979). A Saint-Josse-Ten-Noode et Schaerbeek, il dirige l’Académie de Musique (1951-1975); à la Chapelle Reine Elisabeth de Belgique il est, à maintes reprises, professeur extraordinaire puis ordinaire de composition (1968-1979). A la SABAM, il est administrateur (1976-1980) puis président de la Caisse d’Entraide et de Solidarité (1980-1986).

En 1959 il fait déjà figure de personnalité du monde musical «Dans les premières oeuvres de Marcel Quinet, la volonté du retour à Bach, à travers Hindemith est assez sensible. Ailleurs l’admiration pour Bartok a laissé des traces mais c’est l’influence d’Absil qui est la plus nette. Elle s’est manifestée dans les tournures mélodiques, dans l’élégance de l’écriture contrapointique et dans la sûreté du maniement de l’orchestre. Quinet écrit aussi admirablement pour le piano. Il se plaît par dessus tout à élaborer des jeux formels où s’exprime une fine sensibilité» écrit Robert WANGERMEE. Dans son oeuvre créatrice, Marcel Quinet assimile les nouveautés les plus radicales et les intègre à son expression propre y compris les influences de Bartok, de Stravinsky et de l’école viennoise. Parti de la musique tonale, il s’est orienté vers la plurimodalité, le chromatisme atonal non sériel. En 1969 il découvre l’importance de la musique grecque ancienne et sa métrique, ses oeuvres ultérieures en attestent.

Il est reçu correspondant (1976) puis membre (1978) de l’Académie Royale de Belgique, classe des Beaux-Arts.

Marcel Quinet disparaît le 16 décembre 1986, nous laissant une centaine d’oeuvres répertoriées, toutes d’un langage moderne, sans outrance et très personnelles, remarquables par l’écriture et le raffinement de l’expression.

[Philippe Quinet, © CeBeDeM]

Source : http://www.cebedem.be/composers/quinet_marcel/fr.html

Le Prince Rainier de Monaco, originaire de Givry…

Nombre de lecteurs de cette article croiront peut-être que le titre de cet article est une galéjade comme les gens du Midi aiment raconter… non loin du rocher monégasque.
Pourtant il n’en est rien. Le Prince Rainier a réellement des attaches familiales à Givry où ses aïeux vécurent durant plus d’un siècle.

Pour les trouver, il faut remonter dans le temps de près d’un demi millénaire et se reporter au milieu du XVIème siècle, à la 13è génération de ses ancêtres, soit à un couple parmi les 4096 individus qui constituent à ce niveau son ascendance !

Mais d’abord, remontons encore un peu plus avant dans le temps, à une époque où la plus importante des exploitations agricoles de Givry était la Cour Saint-Pierre. Propriété de l’abbaye d’Hautmont, cette ferme couvrait une étendue considérable; n’aurait-elle pas exploité 210 bonniers de terres, soit un peu moins de 260 hectares ? La maison de cense, ses dépendances et son « courtil » occupaient à eux seuls 1 bonnier, soit environ 1,20 hectare.

Naturellement, le personnage qui dirigeait la Court Saint-Pierre était tout aussi important que sa ferme puisqu’il représentait l’abbaye à Givry et que celle-ci était le propriétaire foncier le mieux « possessionné » du village (400 hectares environ, soit un quart du territoire). Le censier de la Court agissait donc un peu comme le seigneur du lieu, d’autant qu’il devenait quasi automatiquement mayeur foncier pour les biens appartenant à l’abbaye.

A la fin du 15ème siècle, le mayeur d’Hautmont à Givry s’appelait Colard de Pusenghien dit Bauduin (Pusenghien est la francisation du toponyme Buizingen).
Sans doute était-il aussi l’occupant de la Court Saint-Pierre quoique nous sachions qu’en 1484, ce censier s’appelait Jean d’Erpion et que celui-ci, fort impécunieux, ne payait plus depuis un certain temps la rente qu’il devait au Chapitre de Sainte-Waudru à Mons.
Toutefois, Jean d’Erpion était justement décédé cette année-là, on peut penser que Colard de Pusenghien fut appelé à prendre sa place.

De sa femme, Waudru de Dinant, Colard de Pusenghien n’eut probablement pas de fils. Leur fille, prénommée Maigne, épousa Bertrand de Buisseret dit Remy qui descendait d’une famille tirant son origine de la seigneurie du même nom au village de Seneffe. Selon toute vraisemblance, Bertrand de Buisseret aurait un temps habité à Houdeng-Goegnies.

C’est en 1505 qu’on le retrouve cité pour la première fois à Givry, où il a succédé à son beau-père comme échevin puis mayeur de l’abbaye d’Hautmont. Naturellement, il est aussi censier de la Court Saint-Pierre.

Deux des fils de Bertrand de Buisseret et de Maigne de Pusenghien vont à leur tour profondément s’enraciner dans la terre givryenne puisque les descendants du premier, Martin, seront pendant plusieurs générations les censiers de la Court Saint-Pierre; tandis que les descendants du second, Bertrand, seront eux, et également durant plusieurs générations, les censiers de l’Esquerbion. Cette seconde ferme, appartenant également à l’abbaye d’Hautmont, était plus petite que la Court Saint-Pierre puisqu’elle n’aurait exploité que 150 bonniers, soit environ 180 hectares. Les deux familles cousines de la Court Saint-Pierre et de l’Esquerbion se partageront tour à tour le mayorat foncier d’Hautmont à Givry.

Même d’après les canons actuels, des fermes de 260 et 180 hectares sont des exploitations respectables. Que dire alors du 16ème siècle où les moyens de culture utilisés exigeaient une importante main d’oeuvre puisque la surface de terre labourable en un jour était censée être d’environ 40 ares ? Et encore, il fallait être un laboureur possédant charrue et chevaux ! Les autres, les « brassiers », mettaient un temps infiniment plus long à retourner leur champ à la pelle et ne pouvaient travailler que de petites parcelles. Certes, brassiers comme laboureurs, et surtout ces derniers, se devaient de respecter l’assolement triennal, rotation traditionnelle qui laissait chaque année en jachère environ un tiers de la superficie cultivée. Mais la mise en culture des deux autres royes, la première en froment ou en seigle, la seconde en avoine ou en orge, demandait beaucoup d’efforts et on imagine difficilement aujourd’hui ce que cela impliquait comme va-et-vient dans des fermes comme l’Esquerbion ou la Court Saint-Pierre, où chaque sole couvrait approximativement de 60 à 85 hectares.

Les deux fermes bruissaient donc en permanence d’ouvriers agricoles occupés à quantité de tâches et, de ce fait, les Buisseret se trouvaient à la tête de nombreuses responsabilités.

C’est, semble-t-il, parce que ces responsabilités étaient peut-être trop écrasantes en ces temps troublés, particulièrement pour l’exploitation des 260 hectares de la Court Saint-Pierre, que la ferme du Cartelage, d’une superficie de 60 bonniers, soit environ 75 hectares, fut créée un peu avant 1517. En effet, les inventaires des biens d’Hautmont datant de l’extrême fin du XIVème siècle ne la citent pas et elle apparaît parmi les biens gérés par les Buisseret dans la première moitié du XVIème siècle, sous le vocable de « nouvelle ferme ». En 1571, la ferme du Cartelage est d’ailleurs remise à neuf, ce qui lui donne une ancienneté de quelques dizaines d’années au moins et confirme que sa création doit dater du tout début du siècle.

Autrefois le cartelage était le droit du seigneur à toucher un quart de la récolte. Le nom choisi pour la nouvelle ferme confirmerait donc que ses terres, représentant approximativement un quart de la ferme initiale, ont été éclissées, c’est à dire séparées, du territoire de la Court Saint-Pierre. De cette manière, cette dernière aurait été réduite à une exploitation d’environ 180 hectares. Notons aussi que dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, les terres de la Court Saint-Pierre ne représentaient plus qu’un peu moins de 100 hectares ; conséquence de l’ordonnance prise en 1755, dans un but populationniste, par le Gouvernement central des Pays-Bas autrichiens. Celle-ci divisait en effet les grosses fermes et réduisait à 70 bonniers la surface qu’un seul fermier pouvait faire fructifier.